Je m’assois sur la dalle en béton, poussière agacée par le vent,
Je verse une larme de haine, mes dents serrées et mes lèvres qui saignent,
Mes yeux s’exhortent et ma douleur vive me tue,
Je sanglote comme un gamin encore au fond, de l’adulte, ne reste que l’illusion,
De cette rage au ventre qui me brûle et me désespère, je me noie,
Je perds pied, je sombre et de colère je hurle, à m’en faire péter les veines,
Donne moi, donne moi, ce petit plus que je n’ai pas,
Aide moi, aide moi, arrache moi de cette putain de terre,
Je m’asphyxie, je n’ai plus d’oxygène,
Je m’enfonce, je m’enlise,
La vie m’écarte pas à pas,
Aide moi, aide moi, arrache moi de cette cruelle galère
Rien en moi n’est assez bon pour enfin réussir.
Nourri au blé, au flouz, au pez, à l’argent qui endort, je pue le fric à plein nez
Voleur né, ou assassin qui se cherche, dans ma tête, mes lubies explosent,
Je ne sais plus par où je dois commencer, où comment tout s’arrête,
Je cours vers l’infini d’une existence bannie, où les keufs me haïssent,
Où ma meuf, en prison croupit et me blesse,
Aide moi, aide moi, sort moi de cette boucherie,
Aide moi, aide moi, de ta force, ta sagesse, je puise,
Je veux être affranchi, libéré de cette force qui vole,
Cette lueur humaine dans mes yeux et qui me fait dire,
Aime moi, aime moi, je t’en prie, j’ai perdu le désir,
Rien en moi n’est assez beau pour enfin vivre de plaisir.
Face à eux, ces juges qui me rejettent de leurs messes basses,
Dieu seul peut dire si des hommes ici présents, je suis encore digne,
Je leur crache mon venin, ces années où j’ai pleuré ma mère,
Parti comme le destin, avec mon père dans ce brasier céleste,
Je reste seul, guidé par la peur et cette cité de murs gris,
Ils sont là, me fixent et me parlent,
Aidez moi, aidez moi, mais ne me jugez pas !
Je sais que la déconne ce n’est pas une justice,
Que tirer dans tous les coins, au propre comme au figuré,
Ce n’est pas juste le délire d’un illuminé,
Aidez-moi, aidez moi, ne m’enfermez pas ; je vous en supplie,
Rien en moi n’est assez fort pour résister encore à ce taudis.
Les bracelets de fer, les képis bleus et un signe, la sortie est maintenant loin,
Les barbelés, la cour, les mêmes refrains, et la cellule devant moi qui s’ouvre
J’ai perdu, je m’incline, je n’ai plus rien à miser,
Dieu me pardonne mais pas les hommes, ils m’ont condamné
Eternité peut-être, ou relâché dans trente piges,
Je ne sais pas, je ne sais pas, tant d’incertitude me brise,
Laissez moi, laissez moi, sur mes mains l’odeur du bitume,
Du sang qui s’écoule, son visage face contre terre, et mon corps sur lui,
Aidez le, aidez le, je criais mais je faisais peine,
A jouer au malin, c’est du Satan qui coula dans mes veines,
Et de tuer, devenu comme un jeu, je me suis égaré,
Il ne reste plus que le bruit des serrures et des regrets,
Une vie ici-bas qui résonne, une autre tout là haut qui entonne,
Aidez-nous, aidez nous, le loubard et l’homo qui tentait de sauver sa peau.