Tu plonges tes yeux dans les miens, fatigués,
Nos souvenirs heureux sont déjà bien loin,
Ne reste plus que nos doutes et ces quelques années,
A vivre tous les deux sans avoir peur de demain.
Ton corps épouse le mien dans ce lit trop fragile,
Nos larmes ont tant noyés le désespoir sur l’oreiller,
Que nos armes mêmes lourdes sont devenues futiles,
Comparé à la mort qui rôde prête à tout balayer.
J’ai mal de ces jours qui tel un sablier s’écoule,
A me demander si tes yeux continueront à s’ouvrir,
Rentrer un de ces soirs et ne plus entendre ton souffle,
Je vis avec cette crainte comme avec la peur de souffrir.
Cette maladie te ronge et emporte avec elle, ton sourire,
Je veux pourtant continuer, avec toi, de survivre,
A toutes ces douleurs rieuses qui nous font violence,
Je crève de nous comme je traîne mon ennui,
A toutes ces nuits paresseuses à devenir dément.
Tu partiras c’est sûr, ne reste qu’à fixer, le jour,
Tout me répugne, à penser, la vie sans toi,
Je me perds, je glisse vers un monde de fous,
Ma colère ne saura me délivrer de tes bras.
Oublie-moi, ton cri fait appel à ma raison,
Je suis si las de me fondre dans cette passion,
Où la peine devient si mortelle, tel un poison,
Qui se nourrit de ma chair, de cette cruelle liaison.
Ma main est venue ce matin, voiler tes yeux,
Ta lutte en ce jour ténébreux s’est achevée,
Avec toi, tu emportes nos rêves merveilleux,
Reste les larmes et mon petit cœur brisé.
M’aimes-tu à ce point que tu m’as quitté,
A force de nous croire plus fort que la vie,
Tout a fini sans attendre par nous rattraper,
Une capote oubliée, un coup de trop et du gin.
Et te voilà là haut, aux étoiles, accroché.